Skip to content Skip to footer

Bonjour à toi. Je m’appelle Aminata Thior.

Nous sommes tous des enfants de quelqu’un. Oui, avant d’être les mamans, papas, tatas, et oncles d’enfants, nous sommes d’abord des enfants de quelqu’un. Avant d’être mère, je suis d’abord la fille de mon père et de ma mère. J’ai failli oublier cela en étant mère. Et me poser des questions autour de la maternité, de la paternité et de la parentalité m’a permis de me rappeler cette vérité si douce mais ô combien déterminante dans le parcours d’un individu devenu parent.

Avant d’aller plus loin, laisse-moi te donner un élément de contexte afin que tu puisses décider si tu lis ou non jusqu’à la fin. Car oui, nous sommes en 2026. Notre temps est l’une de nos ressources les plus précieuses. Le mien, en tout cas, est précieux. Et comme ce texte est destiné à des femmes et des hommes comme moi, je me dois de te prévenir.

Je lance un nouveau média autour de la parentalité pour nous autres qui vivons et venons d’Afrique. Je veux le faire avec des hommes et des femmes qui me ressemblent et qui sont sensibles à ces sujets. Si cela te parle, je vais te raconter ma petite histoire, celle qui m’a menée à l’envie viscérale de lancer ce média. Et à la fin de ta lecture, j’espère t’embarquer avec moi dans cette nouvelle aventure. Si cela ne te parle pas, c’est ici que tu dois reprendre ton temps et l’allouer à un autre sujet qui te fait vibrer.

Je suis franco-sénégalaise. Je vis littéralement entre deux pays, le Sénégal et la France. J’ai donné naissance à des humains qui vivent dans cet entre-deux-cultures. Je suis profondément attachée à mes racines sénégalaises, africaines, et évidemment ouverte au monde.

Dans ce texte, je parle à des gens comme moi. C’est-à-dire d’abord à des femmes africaines ou d’origine africaine. Ensuite à des mères. Et enfin à des parents (mamans et papas, tontons, tatas). Je parle à des femmes comme moi qui ont commencé à se poser des questions toutes seules, qui voulaient des réponses avant de s’engager dans la maternité et qui ne les ont pas eues. Des femmes qui ont cherché désespérément des témoignages d’autres femmes qui leur ressemblaient et qui ne les ont pas trouvés.

Avant de me lancer dans un projet d’enfant, j’ai eu des questions. Des questions intimes, des questions dont les réponses ne se trouvent pas sur internet, surtout dans nos cultures et dans nos pays. J’ai donc consommé beaucoup de récits de femmes, en grande majorité occidentales. Cela m’a parlé, mais pas de manière aussi profonde et précise que si cela venait de femmes africaines ou d’origine africaine.

Pendant que je me posais mes questions, mon partenaire se posait les siennes de son côté. Nos questions étaient différentes. Nous n’avions pas de réponses à beaucoup d’entre elles. Tout comme moi, il n’avait pas l’espace pour en parler ; mais pour être honnête, son besoin de réponses était moins viscéral que le mien.

Puis je suis devenue maman. Et on fait comme on peut pour les éduquer, les accompagner. C’est agréable. Puis les enfants commencent à grandir. C’est toujours agréable mais moins facile quand on veut bien faire : transmettre les racines, les fondamentaux, les valeurs, le tout sans brider leur personnalité et en tenant compte de l’époque, de l’environnement extérieur et géographique dans lequel ils évoluent. Et là, d’autres questions arrivent sur la table. Plus précises. Plus complexes. Et cela donne envie d’échanger avec d’autres parents. Des parents qui nous ressemblent. Et cela m’a manqué.

De temps en temps, lorsqu’on se retrouve entre parents dans nos salons ou dans nos espaces privés, naturellement le sujet vient sur la table. On parlera toujours de politique, mais on parlera souvent des enfants ; parce qu’on en est là aujourd’hui, dans nos vies.

Et lorsque je nous écoute dans ces discussions, raconter nos galères, nos peurs, nos joies, les ratés et les bienfaits de l’éducation que nous-mêmes avons reçue de nos parents, je me dis que ces discussions ne doivent plus rester dans des salons. Leur richesse doit servir à un plus grand nombre.

Pour que les aînés puissent parler de leur douleur. Pour que les benjamins puissent parler de leur manque. Pour que les cadets puissent parler de leur solitude. Pour que les femmes enceintes puissent exprimer ce qu’elles traversent, sans crainte, sans jugement. Pour que celles qui ne peuvent pas avoir d’enfants puissent, elles aussi, exprimer leur douleur. Pour que les pères puissent sortir de leur solitude, qu’ils prennent conscience de leur place et de l’importance de cette place. Pour que nos parents puissent comprendre la douleur qu’ils peuvent nous infliger. Pour que nous-mêmes puissions comprendre la douleur que nos parents peuvent parfois ressentir.

Pour nos joies à nous tous. Pour ce qu’on a reçu. Pour ce qu’on se transmet. Pour que toutes ces émotions, toutes ces conversations, toutes ces douleurs ne restent pas dans nos têtes ni dans les salons ; mais qu’on en parle, pour ne pas se sentir seul, pour ne pas reproduire les souffrances qu’on a reçues ou qu’on vit, pour avoir conscience des merveilles qu’on a reçues et qu’on souhaiterait transmettre à nos enfants.

Je me rends compte, en écoutant nos discussions sur nos enfants, que la parentalité va bien plus loin que de donner naissance. Elle nous rappelle qu’on est d’abord et avant tout des enfants de quelqu’un. Qu’on a reçu une éducation. Elle nous pousse, si l’on a mis une conscience dessus, à identifier ce que l’on veut transmettre et ce qu’on ne veut pas transmettre. Et si jamais on n’est pas conscient de tout cela, on a cette tendance inconsciente et donc automatique à transmettre inconsciemment des choses qu’on a reçues et qu’on n’aurait jamais voulu transmettre. C’est ainsi qu’on crée des cycles qui se répètent pendant des générations dans nos familles, et donc dans nos sociétés et nos pays. Car oui, l’éducation familiale que nous recevons et perpétuons a un impact direct sur la société que nous composons. Vivre et voir la parentalité ainsi a totalement changé ma vision du monde et mon regard sur nos sociétés africaines.

Je sais que je ne suis pas seule à avoir cette réflexion. Je sais que nous sommes nombreux, hommes et femmes en Afrique et dans la diaspora, très portés sur les notions d’éducation et de transmission. Et qu’on se pose plus ou moins les mêmes questions. Mais je suis convaincue qu’il y a une chose dont on ne mesure pas assez l’impact sur le collectif : la richesse de nos vécus peut aider des dizaines, des centaines, des milliers, voire des millions d’autres personnes qui nous ressemblent.

Je me dis, avec nos parcours riches et nos expériences de vie, une fois partagés avec bienveillance, empathie et une intention sincère d’aider, de faire avancer, de pousser quelqu’un à mettre de la conscience sur sa parentalité, des vies se transforment. Et je suis optimiste : nos sociétés se transformeront.

Il faut donc un espace pour que ces sujets ne soient plus traités de manière sporadique, de temps en temps, dans des conférences ou des émissions généralistes. Pour que ces témoignages, ces questions, ces partages mènent à une prise de conscience collective et donc à un changement et surtout à l’émergence d’une nouvelle génération saine, épanouie, guérie, alignée et possédant son plein potentiel pour vivre la vie qu’elle est venue vivre sur terre.

Un tel espace dans le paysage médiatique m’a manqué et me manque encore. Et c’est cela qui m’a poussée à créer cette thématique Parentalité dans Setalmaa qui répond à mon besoin et à celui d’autres parents comme moi. Si ces mots résonnent en toi, je t’invite à me rejoindre dans cette aventure et à co-créer ce média avec moi.

J’y raconterai mon parcours de femme (adulte, enfant de quelqu’un avec le bagage éducatif qu’elle a reçu et qui a eu un impact sur la manière dont elle éduque à son tour), puis de mère, puis de parent, et comment tout cela a transformé ma vie. Tu y trouveras des témoignages forts et sincères de parents connus et inconnus. Ce sera le lieu d’échanges profonds avec vous mais aussi avec des professionnels du domaine. Le lieu pour retrouver des articles fouillés et des études sur des sujets de notre époque. Le tout adapté à nos réalités, nos contextes et nos profils d’Africains et originaires de l’Afrique.

Si tu as lu jusqu’ici, je veux créer ce média avec toi. Je t’invite à me suivre sur les pages Instagram, Facebook, Twitter et YouTube de Parents d’Afrique. Et surtout, je t’invite à me laisser ton adresse email ici pour que je puisse te contacter avec des contenus exclusifs pour toi.